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Les 3 livres qui ont changé ma vie : Foi, Business et Pensée

Lorsqu’on apprend l’anglais pour préparer le TOEIC, on pense naturellement au vocabulaire professionnel, à la grammaire, aux compréhensions orale et écrite ou encore aux stratégies permettant de gagner quelques dizaines de points. Tout cela est utile. Mais apprendre une langue ouvre aussi une porte vers des textes capables de transformer notre manière de croire, de travailler et de penser.

Parmi tous les livres que j’ai lus, trois ont exercé sur moi une influence particulièrement profonde. Ils sont très différents les uns des autres. Le premier est un texte religieux qui a changé le cours de ma vie. Le deuxième est un manuel pratique qui m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement d’une entreprise. Le troisième est un roman politique qui m’a appris à me méfier du pouvoir exercé sur les esprits par la manipulation du langage.

Ces trois livres sont la Bible, notamment dans sa traduction anglaise King James, The Personal MBA de Josh Kaufman et 1984 de George Orwell.

Cet article participe à l’événement « Les 3 livres qui ont changé ma vie » du site Des Livres pour changer de vie. J’apprécie notamment cet article consacré au Deep Work de Cal Newport, dont les principes sur la concentration sont particulièrement pertinents lorsqu’on prépare un examen comme le TOEIC.

1. La Bible : le livre par lequel ma vie a véritablement changé

Il serait impossible de placer ces trois ouvrages sur un pied d’égalité. The Personal MBA m’a aidé à comprendre le monde de l’entreprise. 1984 a renforcé mon esprit critique. Mais la Bible a changé mon identité, ma foi et la direction de ma vie.

La Bible King James, monument de la langue anglaise

Pour un francophone qui s’intéresse à l’anglais, la Bible King James occupe une place particulière. Publiée en 1611, elle est le résultat du travail collectif de plusieurs dizaines d’érudits organisés en équipes de traduction. Ceux-ci ont travaillé à partir des langues bibliques et des traductions anglaises antérieures afin de produire un texte destiné à être lu publiquement, compris et mémorisé.

Le résultat dépasse largement le cadre religieux. La Bible King James est devenue l’un des monuments de la littérature anglaise. Son rythme, ses répétitions, ses images et ses formulations ont durablement marqué la langue. Même des anglophones qui ne lisent jamais la Bible utilisent encore des expressions qui ont été popularisées par cette traduction.

Par exemple :

  • “by the skin of your teeth”, tiré de Job 19:20, signifie réussir ou échapper à une situation de justesse : I passed the exam by the skin of my teeth.
  • “see eye to eye”, présente dans Ésaïe 52:8, signifie être du même avis : My manager and I don’t always see eye to eye.
  • “at your wit’s end”, issue du Psaume 107:27, s’utilise lorsqu’une personne est à bout de ressources et ne sait plus quoi faire : After trying every solution, I was at my wit’s end.

Ces expressions montrent que la lecture de la Bible King James aide aussi à reconnaître l’origine d’un vocabulaire idiomatique que l’on rencontre encore dans les conversations, les médias et le monde professionnel anglophones.

L’anglais de la King James n’est pas celui d’un courriel professionnel contemporain ni celui des exercices du TOEIC. On y rencontre des pronoms comme thou, thee et thy, ainsi que des formes verbales anciennes. Mais la lecture de cette traduction permet de découvrir une langue d’une grande puissance littéraire. Elle oblige à ralentir, à observer la structure des phrases et à écouter le rythme des mots. La lire en parallèle d’une Bible française peut également devenir un excellent exercice de comparaison linguistique.

Mais réduire la Bible à un chef-d’œuvre littéraire serait passer à côté de l’essentiel. Je la lis en anglais, notamment dans la King James, et également en français. Or ce qui a changé ma vie n’est pas seulement la beauté d’une traduction : c’est le message biblique lui-même.

Un livre que j’avais longtemps essayé de ne pas lire

Pendant une grande partie de ma vie, ma relation avec le christianisme était presque inexistante. J’avais été baptisé en tant que bébé, mais jusqu’en 2021, mes croyances étaient très vagues.

Je pensais qu’il existait probablement « quelque chose ». Je ne croyais pas réellement que la mort constituait la fin de tout. J’avais même parfois eu le sentiment d’avoir été protégé ou accompagné dans des moments difficiles. Pourtant, je ne voulais pas aller plus loin.

J’ai essayé plusieurs fois de lire la Bible. Mon historique numérique en conservait des traces : plusieurs téléchargements d’une application biblique en 2010, en 2012 et en 2018, puis en 2019. Les occasions se répétaient, mais je ne persévérais pas.

À la fin de l’année 2020, un livre de développement personnel (Miracle Morning) m’a rappelé l’intérêt de lire chaque matin. L’idée de lire la Bible m’est alors revenue. Le 24 décembre 2020, j’ai ouvert une Bible pour enfants que j’avais achetée à mon fils et je l’ai lue entièrement. Son format était court, mais cette lecture a constitué un commencement. Le 29 décembre, j’ai commandé ma première Bible.

Au début de l’année 2021, j’ai commencé à la lire régulièrement. À la mi-janvier, alors que je parcourais le livre de l’Exode dans une Bible d’étude, je suis tombé sur cette réflexion : parfois, ce n’est que plus tard que nous reconnaissons le passage de Dieu dans notre vie.

Cette phrase m’a profondément atteint. J’ai repensé à ces moments où j’avais eu l’impression d’être aidé, accompagné ou même sauvé de certaines situations. J’ai alors compris ce que je refusais jusque-là de reconnaître. J’ai dit : « C’était toi. » et j’ai pleuré.

De la lecture à la conversion

À partir de ce moment, j’ai commencé à lire la Bible environ deux heures par jour. Je découvrais progressivement qui est Jésus-Christ, ce qu’il a enseigné et ce que signifie sa mort sur la croix.

En février 2021, j’ai écrit dans un journal : « Je crois en Jésus. »

Cette phrase ne représentait pas simplement l’adhésion à une philosophie ou la découverte d’une nouvelle méthode de développement personnel. Je comprenais que j’étais pécheur, séparé de Dieu, et que Jésus-Christ avait subi à ma place la condamnation que je méritais. Je comprenais que le salut ne reposait pas sur mes mérites, mais sur la grâce de Dieu reçue par la foi.

La Bible est ainsi le livre au travers duquel je suis devenu chrétien. Elle ne m’a pas seulement fourni des informations sur Dieu : elle m’a confronté à la vérité sur moi-même et m’a conduit à Jésus-Christ.

Depuis, je continue à la lire quotidiennement. Elle nourrit ma foi, corrige ma manière de penser et m’apprend à aimer Dieu et mon prochain. Trois ans après ma conversion, j’ai demandé le baptême par immersion afin de témoigner publiquement de cette foi.

Beaucoup de livres promettent de nous aider à devenir une version améliorée de nous-mêmes. La Bible m’a fait comprendre que j’avais besoin de bien davantage qu’une amélioration : j’avais besoin d’une nouvelle vie. Voilà pourquoi elle est, de très loin, le livre qui a le plus changé ma vie.

2. The Personal MBA : comprendre simplement les mécanismes du business

Le deuxième livre de cette sélection agit sur un registre très différent. The Personal MBA de Josh Kaufman ne prétend pas remplacer l’intégralité d’un véritable MBA universitaire. Son ambition est plutôt de rendre accessibles les concepts fondamentaux qui permettent de comprendre comment fonctionne une entreprise.

C’est précisément ce qui m’a plu.

Le monde du business est souvent présenté comme un univers réservé aux diplômés d’écoles de commerce, aux financiers ou aux personnes capables de manier un vocabulaire complexe. On y multiplie volontiers les acronymes, les anglicismes et les modèles compliqués. Cette complexité peut donner l’impression qu’il faut plusieurs années d’études avant de pouvoir lancer un projet sérieux.

The Personal MBA adopte l’approche inverse. Josh Kaufman décompose l’entreprise en principes simples et en modèles mentaux faciles à retenir. Un business doit créer quelque chose que des personnes désirent, attirer leur attention, les convaincre d’acheter, leur apporter la valeur promise et générer suffisamment de revenus pour continuer à fonctionner.

Autrement dit, l’entreprise devient plus compréhensible lorsqu’on distingue cinq fonctions essentielles : la création de valeur, le marketing, la vente, la fourniture de cette valeur et la finance.

Cela peut paraître évident une fois formulé. Pourtant, cette grille de lecture est extrêmement utile. Elle permet d’analyser rapidement une idée et d’identifier ce qui lui manque.

Un excellent produit sans marketing restera inconnu. Une forte audience sans offre adaptée ne créera pas forcément une activité viable. Des ventes obtenues grâce à de belles promesses ne serviront à rien si la valeur n’est pas correctement délivrée. Enfin, une entreprise qui satisfait ses clients mais dépense durablement plus qu’elle ne gagne ne pourra pas survivre.

Ce que ce livre permet

The Personal MBA m’a donné une carte générale. Il ne fournit pas une recette garantissant la réussite, mais il permet de savoir quelles questions poser.

Sa lecture en anglais présente un autre avantage : elle expose à un vocabulaire professionnel réellement utilisé dans les domaines du marketing, de la vente, de la négociation, de la productivité, de la gestion et de la finance. Le style est généralement direct et les concepts sont expliqués de manière pédagogique. C’est donc un ouvrage intéressant pour relier apprentissage de l’anglais et compréhension du monde professionnel.

3. 1984 : comprendre comment le langage peut servir à contrôler la pensée

Le troisième livre qui a changé ma vie est 1984 de George Orwell.

Publié en 1949, ce roman décrit une société totalitaire dans laquelle le pouvoir ne se contente pas de contrôler les actions des citoyens. Il cherche à contrôler leurs souvenirs, leurs perceptions et jusqu’aux mots qu’ils sont capables d’employer.

Le personnage principal, Winston Smith, travaille au ministère de la Vérité. Sa mission consiste paradoxalement à falsifier les archives afin que le passé corresponde toujours à la version actuelle du Parti. Lorsqu’un fait devient gênant, il est modifié. Lorsqu’une personne disparaît, les traces de son existence peuvent également disparaître. La vérité ne désigne plus ce qui s’est réellement produit, mais ce que le pouvoir exige que chacun accepte.

Le langage comme frontière de la pensée

L’idée la plus marquante du roman est probablement celle de la Newspeak, généralement traduite en français par « novlangue ».

Dans l’univers de 1984, le pouvoir simplifie progressivement la langue et réduit le vocabulaire disponible. Le but n’est pas de faciliter la communication. Il est de rendre certaines pensées de plus en plus difficiles, puis théoriquement impossibles à formuler.

Si une population ne dispose plus des mots permettant de distinguer la liberté de l’obéissance, la vérité du mensonge ou la justice de l’arbitraire, sa capacité à contester le pouvoir s’affaiblit. Le contrôle du langage devient alors un contrôle du pensable.

C’est cette intuition qui rend le roman si avant-gardiste. Orwell ne décrit pas simplement une dictature fondée sur la police, la surveillance et la peur. Il montre qu’une société peut aussi être dominée par la redéfinition des mots, la répétition de slogans contradictoires et l’effacement des nuances.

Le concept de doublethink, ou « doublepensée », illustre cette domination intérieure. Il ne s’agit plus seulement de répéter un mensonge par crainte. Il faut parvenir à accepter simultanément deux idées incompatibles et à oublier qu’elles se contredisent.

Pourquoi ce roman a changé ma manière d’écouter les discours

Après avoir lu 1984, il devient difficile d’entendre un discours politique, publicitaire ou médiatique de la même manière.

Le roman m’a appris à observer les mots choisis, mais aussi ceux qui disparaissent. Une expression peut-elle dissimuler une réalité dérangeante ? Un slogan remplace-t-il un raisonnement ? Un terme chargé d’émotion sert-il à empêcher toute discussion ? Présente-t-on une affirmation comme incontestable alors que sa définition change selon les circonstances ?

Cela ne signifie pas que toute évolution du langage constitue une manipulation ni que notre société serait identique à l’Océania imaginée par Orwell. Une lecture sérieuse de 1984 demande justement d’éviter les comparaisons simplistes. Son intérêt est ailleurs : le roman nous donne des outils pour reconnaître les mécanismes par lesquels le pouvoir peut chercher à modeler la perception du réel.

Pour une personne qui apprend l’anglais, ce message possède une résonance particulière. Développer son vocabulaire ne consiste pas uniquement à mémoriser davantage de synonymes pour réussir un examen. Chaque mot supplémentaire permet de mieux distinguer, mieux analyser et mieux exprimer sa pensée.

Lire 1984 en anglais permet aussi d’observer directement la manière dont Orwell construit des termes comme Newspeak, thoughtcrime, doublethink ou Big Brother. Son anglais est beaucoup plus moderne et accessible que celui de la Bible King James, même si le roman demande une certaine attention. C’est une lecture exigeante, mais particulièrement enrichissante pour un apprenant de niveau intermédiaire avancé.

Trois livres, trois transformations

Ces trois livres n’ont pas changé la même partie de ma vie.

La Bible a changé ma relation à Dieu et mon identité. Par sa lecture, j’ai compris l’Évangile et je suis devenu chrétien en 2021. Elle continue de m’accompagner chaque jour.

The Personal MBA a changé ma manière de comprendre l’entreprise. Il m’a donné un ensemble de concepts simples pour analyser un projet, créer de la valeur et penser le business comme un système cohérent.

1984 a changé ma manière d’observer le langage et le pouvoir. Il m’a montré que les mots ne servent pas uniquement à décrire la réalité : ils peuvent aussi être utilisés pour la déformer et limiter notre capacité à la penser.

Ces ouvrages rappellent enfin une vérité importante : apprendre l’anglais ne sert pas seulement à obtenir un score.

L’anglais permet d’accéder directement à des textes qui ont marqué la foi, la littérature, l’entrepreneuriat et la pensée politique. Il permet d’entendre la voix d’un auteur avec moins d’intermédiaires, d’observer ses choix de vocabulaire et de comprendre les nuances qu’une traduction restitue parfois imparfaitement.

Préparer le TOEIC peut constituer un objectif concret et utile. Mais le véritable bénéfice d’une langue apparaît lorsque celle-ci devient une porte d’entrée vers des idées capables de nous transformer.

La Bible King James m’a fait découvrir la puissance littéraire de l’anglais, mais surtout la vérité biblique qui a changé ma vie. The Personal MBA m’a donné les bases nécessaires pour mieux entreprendre. 1984 m’a appris à défendre la précision des mots et la liberté de penser.

Voilà pourquoi, parmi tous les livres que j’ai lus, ce sont les trois que je retiens.

 

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